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Fișier:Actual Cluj-Napoca CoA.pngCluj-Napoca

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Cluj-Napoca est une ville du nord-ouest de la Roumanie, située dans la vallée du Someşul Mic, à 440 kilomètres de Bucarest. Par un décret présidentiel de Nicolae Ceauşescu, la ville a été rebaptisée Cluj-Napoca depuis 1974. Ancienne capitale de la Transylvanie, Cluj est actuellement le chef-lieu du comté de Cluj et de la région de développement Nord-Vest .

Troisième ville du pays par la population (317 953 habitants en 2002), elle est le principal pôle économique du nord-ouest. La ville se distingue par un secteur secondaire très diversifié et un secteur tertiaire essentiellement tourné vers les TIC, les activités financières, l'éducation et la recherche. La ville et sa région ont aussi un grand potentiel de développement touristique.

Compte tenu de ses deux grandes communautés de langue roumaine et hongroise, Cluj est une ville profondément biculturelle. Son histoire, riche et agitée, a laissé un patrimoine architectural des plus valeureux. De nos jours, la ville est non seulement le plus important centre culturel de la communauté hongroise de Roumanie, mais aussi l'un des plus importants centres culturels du pays : des nombreuses institutions culturelles (théâtres, bibliothèques, festivals etc.) jouent un rôle de premier plan au niveau national, voire, dans un sens plus large, régional. Ayant plus de 50 000 fidèles (les deux-tiers des habitants magyarophones de la localité), la communauté protestante (calvinistes, unitariens, luthériens) de la ville est la plus importante du pays du fait que ces formes du christianisme, apparues à la Réforme (XVIe siècle), avaient été adoptées tour à tour par la plupart des princes à titre de religions officielles de l'État pendant la période historique de la Principauté de Transylvanie.

Cluj est au même temps le plus grand centre universitaire de la Transylvanie et le deuxième centre universitaire du pays. Les universités et les écoles de la ville assurent une formation de haut niveau dans les trois langues historiques de la Transylvanie (roumain, hongrois et allemand), ainsi qu'en français et en anglais. Cela fait que le nombre d'étudiants étrangers, tant européens qu'extra-communautaires, ne cesse d'augmenter.

Géographie d'une forme relativement allongée sur l'axe est-ouest, la ville de Cluj occupe une surface de 179,5 km² le long de la rivière Someşul Mic. Elle est aussi traversée par plusieurs affluents de cette rivière et elle englobe un petit nombre de lacs d'agrément.

Occupant notamment la plaine alluviale de Someşul Mic, Cluj s'étend aussi sur les pentes des chaînes collinaires qui la délimitent au nord et au sud. Ainsi, le sud de la ville occupe-t-il une bonne partie du versant nord de la longue colline de Feleac (qui atteint 825 mètres dans le sommet Măgura Sălicei), alors qu'au sud-ouest elle s'étend sur une partie de la moins imposante colline de Făget (en hongrois a Bükk). Le nord de la ville occupe les versants sud de plusieurs collines, telles que Dealul Hoia (506 m), Dealul Gârbăului (570 m), Lombului (684 m), Dealul Melcului (617 m), Techintău (633 m) etc. Cluj englobe aussi plusieurs autres collines de plus faible élévation.

La plupart des collines entourant la ville sont boisées. On y trouve deux réserves botaniques, la Fânaţele Clujului et la Valea Morii, qui abritent des espèces végétales rares telles que la Calypso bulbosa ou bien des variétés d'Iris, de Polygala, etc. La faune qui vit dans ces forêts est assez riche et variée. À part quelques espèces rares, comme la Vipera ursinii rakosiensis qui vit dans la réserve de Fânaţele Clujului, on trouve le blaireau, le sanglier, le renard, des cervidés et, un peu plus loin, dans les Monts Apuseni, l'ours brun.

Cluj a un héritage historique très riche. La ville se tient sur l'emplacement d'un habitat antique.

Des Celtes venus de l'ouest, Scordices et Galates s'installèrent au III-ème siècle avant notre ère au milieu des Daces, peuple Thrace de langue iranienne. On ne sait pas si Napoca nom antique de la ville, est celtique ou dace. Quoi qu'il en soit, la cité prospère grâce aux relations commerciales entretenues avec les colonies grecques de la Mer Noire. Plus tard, les Romains en firent une colonie.

Mais, en 271 de notre ère, les Romains se retirent et des royaumes germaniques (Gépides) et turcophones (Huns, Avars) se succèdent, pendant que des Daces (les Carpiens, qui ont laissé leur nom aux Carpates), des Alains (les Iasses) et surtout des Slaves (des Slavons) se mêlent aux populations locales à dominante thrace plus ou moins latinisée. La ville de Napoca disparaît, et la culture de Dridu qui lui succède, témoigne d'une vie surtout rurale. Après une période d'appartenance au premier empire bulgare (dont les populations étaient surtout slavonnes et valaques, mais aussi ïasses, onoghoures et pétchénègues), ce sont les tribus des Magyars qui, à partir de 895, s'installaient dans le pays.

La première mention médiévale de Cluj date de 1167 sous le nom de Castrum Clus, petite localité fortifiée. La ville était habitée essentiellement par des populations hongroises. En 1241 la ville fut ravagée par les mongols et la plupart de la population fut tuée ou enlevée. Des colons allemands commencèrent à s'y établir aux environs de 1270. Au début du XIVe siècle la ville (dont le nom change en Claudiopolis ou Klausenburg, en magyar Kolozsvár, en roumain Klus ou Cluj) acquit le statut de ville royale et elle reçut quelques privilèges, dont le pouvoir de choisir son curé et le droit d'ériger une église - c'est l'époque où commença la construction de la Biserica Sfântul Mihail.

En 1405, Sigismond Ier du Saint-Empire accorda à la ville le statut de ville royale libre, ce qui entraîna un fort développement urbain : la ville eut le droit d'ériger des remparts (dont l'on peut encore voire quelques fragments), ses commerçant furent exemptés de certains obligations de douane et ses artisans purent envoyer leurs produits d'Istanbul à Prague et de Venise à Kiev. La ville se développa aussi grâce aux privilèges accordés par Matthias Corvin qui y naquit.

Après la conquête de la Hongrie par l'Empire ottoman en 1526, la Transylvanie devint une principauté autonome sous suzeraineté ottomane. Au milieu du XVIe siècle la population hongroise de la ville adopta l'unitarisme, ce qui entraîna la dissipation et l'assimilation de la population allemande. Gáspár Heltai, un saxon magyarisé, y fonda la première typographie, une manufacture de papier, les bains publics et une brasserie. C'est à la même époque que la ville eut sa première école de médecine (en 1565) et sa première université, fondée par Étienne Báthory en 1581. Les Báthorys contribuèrent beaucoup au développement économique et démographique de la ville qui, à l'époque, ne pouvait se comparer en Transylvanie qu'à Braşov. Ainsi, bien que la capitale politique de la principauté était à Alba Iulia, Cluj était le principal centre culturel et économique ainsi que l'un des trois grands centre religieux (les deux autres étant Alba Iulia et Biertan) de la Transylvanie.

En 1699, suite au Traité de Karlowitz, la Transylvanie intégra l'Empire d'Autriche tout en gardant son statut de principauté autonome. En 1704 le général impérial Rabutin commença à détruire les remparts de la ville pour qu'elle perde son importance militaire et pour qu'elle ne représente pas un danger pour le pouvoir de Vienne. En 1715, l'armée impériale démarra la construction d'une forteresse en style Vauban sur la colline de la Citadelle, surmontant la ville. De 1790 à 1848 et de 1861 à 1867 Cluj fut la capitale de la Transylvanie, ce qui entraîna la modernisation de la ville ainsi que l'accroissement du nombre de ses habitants roumains.

Puisque les habitants de Cluj prirent partie à la révolution de 1848, la capitale de la Transylvanie fut transférée de Cluj à Sibiu afin d'être mieux contrôlée par le pouvoir de Vienne. Suite à la constitution de l'Autriche-Hongrie en 1867, Cluj et toute la Transylvanie réintégrèrent le Royaume de Hongrie. En termes économiques et démographiques, Cluj était la deuxième ville du royaume, après Budapest. La deuxième moitié du XIXe siècle connut des grands changements tant au niveau de l'urbanisme (les remparts furent démolis afin d'ériger des grands ensembles architecturaux tels que les hôpitaux de la rue Clinicilor ou certains autres bâtiments du centre ville) qu'au niveau politique et démographique (l'essor de la bourgeoisie roumaine, le mémorandum du groupe des autonomistes roumains). En 1918, lorsque la Transylvanie a voté son rattachement à la Roumanie, la ville de Cluj s'ouvrit massivement à la population roumaine des villages voisins.

Comme toute la Roumanie, Cluj fut soumise aux régimes dictatoriaux carliste, fasciste et communiste de février 1938 à décembre 1989.

Suite au Deuxième arbitrage de Vienne, Cluj redevînt hongroise entre août 1940 et août 1944, tout en reprenant son nom hongrois, Kolozsvár. En étroite collaboration avec les nazis, les forces d'occupation y ont organisé un ghetto de mai au juin 1944.

Cluj fut ensuite occupée par les soviétiques de 1944 à 1952. Mû par le désir de recréer l'histoire de la nation roumaine, tout en mettant en lumière la continuité des Roumains sur ces lieux, en 1974Nicolae Ceauşescu décida de rajouter la dénomination Napoca au nom de Cluj. Cependant, même après plus d'un quart de siècle depuis que son nom fut changé, la majorité des roumains appellent la ville de son ancien nom, c'est-à-dire Cluj. Les émigrés hongrois en Occident dénoncèrent cette politique nationaliste, et cela contribua au discrédit du régime Ceauşescu. Conséquence de ces faits, une certaine tension nationaliste se fit jour après 1990, après la chute de la dictature et, par la suite, Cluj eut pendant plus d'une décennie un maire, Gheorghe Funar, représentant les partis nationalistes du pays.

L'épisode Funar dépassé en 2004, le développement actuel rassemble les Clujeois par-delà origines et différences, et les tensions se sont apaisées. Un bon nombre de familles sont d'ailleurs mixtes et bilingues.